Quarante-sept nouvelles allégoriques
Notre partie obscure peut nous être révélée à la suite d’une douleur intense, nous conduisant vers un monde aveugle et désespérant. Sur la ligne qui mène de la vie à la mort, une femme, comme une évidence, m’a imposé de descendre à la station Enfer et j’ai vu vaciller tout ce qui ressemble de près comme de loin à la paix. Le fil me retenant à l’univers avait cédé. Mon imaginaire réveillait les écorchés de Fragonard, un bœuf rougeoyant de Rembrandt, des soldats de Gromaire. La lune et le soleil jouaient un requiem sur le clavier de l’insupportable, puis ce fut l’obscurité de la nuit. D’innombrables pièges guettent ceux qui arrivent mal armés. La femme oiseau de mes rêves me viendra-t-elle en aide ? M’emportera-t-elle sur un rayon céleste ? Plus de plaies, plus de pleurs, juste la poussière du cosmos comme vecteur du destin. Qu’espérer d’autre ? La totalité des couleurs me plongeant dans le blanc, ou le noir absolu, allez savoir ! Mais qu’importe… je serai enfin libre.
A. D.
Alain Daumont vit et travaille dans la région parisienne. De formation classique − Académie de la Grande Chaumière, École nationale supérieure des Beaux-arts − il peint depuis toujours, entre symbolisme et expressionnisme. Quand ce qu’il crée plaît, alors commence une aventure commune. S’il est souvent resté en extase devant Van Gogh et Gauguin, c'est Rembrandt, Jérôme Bosch et Bruegel l'ancien qui furent ses maîtres. Les supports sont divers : toile, papier, cuivre. Après un passage dans la mode – créateur de bijoux fantaisie haute couture –, il a exposé à Paris et en banlieue parisienne.
Depuis 2000, il partage son temps entre peinture, aquarelle et écriture, sa seconde passion. Ses récits sont souvent issus de faits réels, ils sont ce que le verre est à la silice, une mutation obligatoire et surtout, une compression de son propre univers. En 2004, il crée son site Internet et entre au dictionnaire Drouot Cotation Larousse.
Comme Diogène, il cherche quelque chose, mais s’il avait la certitude d’avoir en ligne de mire le simple mot « arrivée », il se désintéresserait de sa propre existence et rejoindrait par nécessité ceux qu’il a tant aimés. Pour lui, l’important c’est de communiquer, de provoquer du bonheur, surtout de faire rêver…
De Baudelaire à Dostoïevski, de Turner à Pissarro, il voyage entre lumière et impression. La passion n’est pas un mythe, c’est un nouveau sang.
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