L’explication deleuzienne de Kafka démontre la vérité d’une lecture entièrement politique par ailleurs modulée sur les trois genres de l’oeuvre : les lettres d’amour, les nouvelles et les romans. – Les lettres d’amour sont fondées sur un pacte faustien et vampirique, répondant à un problème pratique énoncé à Brod : comment « lier les filles en leur écrivant ». « Kafka n’a vu Félice qu’une fois et ne cesse de lui écrire, tentant de lui imposer comme pacte qu’elle lui écrive deux fois par jour » ; avec Milena « c’est un amour plus « courtois » … ». – Les nouvelles, comme « La métamorphose », ont pour argument-type les devenirs-animaux.
– Les romans ont pour sujet ce que Kafka désigne comme « les puissances diaboliques » du siècle : capitalisme dans l’Amérique, communisme dans le Procès, fascisme dans le Château, suivant le schème action-réaction-réaction à la réaction.
Jean-Claude Dumoncel a publié entre autres Le jeu de Wittgenstein (PUF, 1991), Le symbole d’Hécate : philosophie deleuzienne et roman proustien (HYX, 1996), Les sept mots de Whitehead (Unebévue-éditeur, 1998), La tradition de la Mathesis Universalis : Platon, Leibniz, Russell (Unebévue-éditeur, 2002), Philosophie des Mathématiques (Ellipses, 2002) et La Philosophie telle quelle (Pétra, 2004). Il collabore à la revue History and Philosophy of Logic et, après avoir participé à l’équipe Academos des Archives Henri Poincaré, il enseigne la philosophie des mathématiques à l’Université de Caen.
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